Comment la crise des commerces a transformé Digital CHR

Il y a des entreprises qu’on crée parce qu’on a vu une opportunité. Et il y a celles qu’on crée parce qu’on n’en peut plus de voir un problème que personne ne résout.
Digital CHR, c’est la deuxième catégorie.
2019 — L’agence naît d’une frustration
Je mets France Je Te Quitte de côté. Le blog a fait son chemin — précurseur dans l’expatriation, avant TikTok, avant les « digital nomads » en maillot de bain sur Instagram. Mais en 2019, une autre urgence m’appelle.
Les restaurants, les hôtels, les bars, les commerces autour de moi se débattent avec le numérique comme un nageur débutant jeté au milieu de l’océan. Ils ont :
- Un outil pour les réservations (qu’ils comprennent à peine)
- Un autre pour les réseaux sociaux (qu’ils négligent)
- Un autre pour les avis Google (qu’ils redoutent)
- Un autre pour le site internet (qu’ils oublient)
- Un autre pour le CRM (qu’ils n’ont pas)
Tout est dispersé. Tout coûte cher. Et personne ne leur propose quelque chose de simple. Pas « simple à vendre ». Simple à utiliser.
Je crée Digital CHR pour être cette solution. Mon équipe et moi, on fait à la main ce que la technologie ne permet pas encore d’automatiser : community management, sites web, avis clients, marketing digital. Du sur-mesure. De l’humain.
Le piège doré de l’agence
Sur le papier, le modèle est beau :
Un client paie 379 €/mois. Un community manager gère 15 clients. 15 × 379 = 5 685 € de chiffre d’affaires par CM. Le CM coûte 2 500 à 3 000 € chargé. La marge existe. Tout va bien.
Sauf que la vraie vie n’est pas un tableur Excel.
Le CM dit que 15 clients, c’est trop. Qu’il n’y arrive pas. Qu’il faut embaucher. Les clients, eux, se plaignent. Le travail n’est pas assez réactif, pas assez créatif, pas assez « eux ».
Et moi ? Quand je gérais moi-même ces 15 clients, les doigts dans le nez, ils étaient ravis. Les retours étaient excellents. La différence, c’est que c’était moi. Mon énergie, mon implication, mon œil.
Mais je ne peux pas me cloner.
Le résultat : du chiffre d’affaires qui sert à payer des gens qui font moins bien que moi, pour des clients qui finissent par être déçus quand même. L’agence, c’est un hamster dans une roue. Tu cours, tu transpires, tu fais du bruit — et tu finis exactement au même endroit.
Le COVID comme accélérateur de vérité
Et puis le monde s’arrête. Fermetures administratives. Terrasses vides. Restaurants à emporter uniquement. Hôtels fantômes.
La crise ne crée pas les problèmes — elle les révèle. Et ce qu’elle révèle dans mon secteur, c’est quelque chose de beaucoup plus profond qu’une pandémie :
La fragmentation tue les petites entreprises.
Pas la concurrence. Pas le manque de clients. La fragmentation. Trop d’outils. Trop d’abonnements. Trop de prestataires. Trop de choses à comprendre, à configurer, à maintenir. Le restaurateur qui veut juste faire de la bonne cuisine se retrouve à gérer huit tableaux de bord différents.
Et l’agence — mon agence — fait partie du problème. On est un outil de plus dans la pile. Un prestataire de plus dans la liste. Un coût de plus dans le bilan.
Le moment de lucidité
Un soir — je ne sais plus exactement quand, mais c’est le genre de moment qui te marque — je me suis posé une question simple :
Pourquoi est-ce que je demande à une entreprise de payer 379 €/mois pour qu’un humain fasse manuellement ce qu’un logiciel pourrait faire pour 79 €/mois ?
Pas « en théorie ». Pas « dans cinq ans ». Maintenant.
La technologie existe. L’IA existe. Les outils no-code existent. La seule raison pour laquelle le modèle agence survit, c’est l’inertie. Les gens sont habitués à payer quelqu’un d’autre pour faire les choses à leur place. Mais quand tu leur montres qu’ils peuvent les faire eux-mêmes, plus vite, pour quatre fois moins cher — le choix est évident.
C’est là que Komby naît. Dans cet espace entre « le problème que je résous depuis six ans » et « la technologie qui permet enfin de le résoudre à grande échelle ».
La transition — ce que ça donne concrètement
Aujourd’hui, les anciens clients de Digital CHR migrent vers Komby :
- Avant : 379 €/mois — un humain qui fait moyennement bien le boulot
- Maintenant : 79 €/mois — la plateforme Komby, 3 apps incluses, autonomie totale
Pour ceux qui veulent encore un filet de sécurité humain : +150 €/mois d’assistance, sans engagement.
Le client économise. Il paie 229 € au lieu de 379 € avec assistance. Ou 79 € s’il veut l’autonomie pure.
Et moi ? Je gagne plus par client en marge nette, sans masse salariale, sans la dépendance à des collaborateurs qui font moins bien que moi. Le SaaS est verrouillé sur 12 ou 24 mois. Revenu prévisible. Marge propre. Scalabilité réelle.
« Le modèle agence ne disparaîtra jamais »
Une anecdote. La fille d’un de mes clients dirige une agence web. Création de sites, uniquement. Elle me dit, les yeux dans les yeux : « C’est impossible qu’on disparaisse. Les gens voudront toujours de la relation humaine. »
Je l’ai regardée sans rien dire. Mais voilà ce que je pensais :
Les gens n’ont jamais autant cliqué et aussi peu téléphoné. Ils commandent leur dîner sans parler à personne. Ils réservent un hôtel à 3h du matin en pyjama. Ils laissent un avis Google en attendant le métro. Ils ne veulent pas « une relation humaine ». Ils veulent l’autonomie. La rapidité. Le contrôle.
Ce que les agences appellent « relation humaine », c’est de l’intermédiaire. C’est du temps facturé sur des tâches que le client pourrait faire lui-même en cinq minutes avec le bon outil.
Les gens qui nient cette réalité ne sont pas courageux. Ils ont peur. Et je les comprends — j’ai moi-même eu une agence. Mais la peur ne change pas la direction du vent. Elle te fait juste arriver en retard à destination.
Pourquoi cette fois c’est différent
Avec la radio, je construisais l’audience d’un autre.
Avec Electromix, j’avais mon catalogue — mais le modèle restait artisanal, dépendant de mon énergie personnelle.
Avec Digital CHR, j’avais mes clients — mais je vendais du temps humain qui ne scalait pas, prisonnier du ratio heures/revenus.
Avec Komby :
- C’est mon produit — chaque ligne de code, chaque fonctionnalité
- C’est scalable — 1 client ou 10 000, même infrastructure
- C’est récurrent — abonnements mensuels, pas de projets ponctuels
- C’est verrouillé — engagement 12-24 mois
- C’est incopiable par un salarié — un CM peut partir avec les clients, il ne peut pas partir avec le logiciel
Six ans de terrain. Six ans à comprendre les vrais problèmes des vrais commerçants. Pas une idée de MBA lue dans un livre. Une solution forgée dans la douleur quotidienne du service client.
Et cette fois — pour la première fois — c’est moi qui garde le lead.
C’est le journal d’un entrepreneur qui a connu plusieurs vies. La radio, le label, l’expatriation, l’agence, le SaaS. Chaque étape a construit la suivante. Aucune n’a été un accident.

Entrepreneur français expatrié depuis 2016. De la radio à la tech, de Bangkok à Londres en passant par Hong Kong et Montréal. Fondateur de Komby (SaaS/IA). Ce blog raconte le voyage.