Komby en 14 étapes : Étape 4 : Higher, la rupture qui m’a rendu libre

Higher Komby liberté. Londres pour repartir : reconstruire une idée qui tient dans le creux de la main

Il y a des coups qui ne viennent pas que du marché : ils viennent d'un foyer qui se fissure, d'une signature au tribunal, d'une porte qui se ferme sur douze ans de vie commune et deux enfants. Higher est le morceau de la rupture, du divorce, de la séparation, du moment où tu te retrouves seul non pas parce que tu l'avais choisi comme stratégie, mais parce qu'un NON a tranché. Face à ce NON, tu as deux options : baisser les bras, ou monter.

J'ai choisi de monter. Et c'est là (sans le savoir, sans l'avoir nommé) que Komby commence.

L'épreuve : quand tout se brise à deux

Le divorce ne tombe pas comme une ligne dans un business plan : il tombe comme une lame. Après douze ans et deux enfants, ce sont les avocats, les procédures, l'interdiction de sortie du territoire, les audiences, et un avenir que tu dois reconstruire debout.

J'ai raconté une partie de ce chaos ailleurs sur France Je Te Quitte, le départ, le voyage comme remède, le nom du blog qui a fait peur à tout le monde. Mais Higher, c'est ce que ça te fait quand l'engagement envers une autre personne se coupe d'un coup, et que tu choisis de monter.

Tu n'es plus « nous ». Tu redeviens « je ». Et ce « je » est brutal, pas romantique. Tu n'as plus de conjoint à qui rendre des comptes, plus de couple à protéger, plus d'équipe de deux pour absorber les chocs. Si tu te plantes, tu te plantes seul. Si tu réussis, tu réussis seul, parce que le combat, maintenant, est le tien, et que personne d'autre ne montera pour toi. C'est une phrase dure, et je la garde : la vérité d'un combattant qui assume le ring solo.

La liberté d'être seul : agir sans que l'autre te juge

On parle souvent de liberté comme d'une conquête. Ici, la liberté m'a été imposée, un NON, une vague, puis une autre. Mais ce qu'elle ouvre, une fois le choc passé, est précis : la liberté d'agir sans que l'autre te juge.

Plus de regard qui pèse sur une envie d'entreprendre. Plus de « on verra ensemble » qui dilue le premier pas. Plus de partenaire qui, sans le vouloir ou en le voulant, devient un poids sur tes envies d'entrepreneuriat. Quand tu es libre d'agir, tu peux grandir plus loin (plus vite, plus haut) qu'avec quelqu'un qui freine, relativise, ou te ramène à la prudence du couple alors que tu as besoin de l'audace du fondateur.

C'est de la mécanique. À deux, chaque décision traverse un filtre. Seul, tu décides, tu paies, tu assumes ; tu te couches avec tes erreurs et tu te lèves avec tes dettes, et tu construis sans attendre la permission du regard de l'autre. Au début, ça ressemble à un vide. Puis le vide devient un espace : dangereux, parce que tu peux tout perdre, et fertile, parce que plus personne ne te retient de faire ce que tu portes en toi depuis trop longtemps.

Je n'ai pas pensé « je vais créer Komby ». Le mot n'existait pas encore dans ma bouche. J'ai pensé : je n'ai plus rien à perdre de la même façon, et personne ne me juge si j'essaie. La peur a changé de forme. Avant, c'était aussi celle de décevoir à deux, d'être jugé dans ses envies. Après, c'est devenue celle de disparaître seul, et paradoxalement, c'est cette peur-là qui m'a poussé plus haut. Pas pour supplier. Pour agir. Pour grandir.

Komby commence ici, sans le savoir, sans l'avoir nommé

Avec le recul, je vois la ligne : la séparation, la liberté d'agir seul, les nuits de code, Digital CHR, les voyages, Londres, puis Komby, la plateforme, l'album, le nom. À l'époque, je ne savais pas que Komby naissait dans cette fissure. Je ne l'avais pas nommé. Je ne savais même pas que ça s'appellerait un jour comme ça. Comme une conséquence invisible. Quand tu es libre d'agir, tu découvres ce que tu es capable de construire, ou pas. Tu n'as plus d'alibi, plus de demi-mesure, plus de poids sur tes envies. Si je me plante, je me plante seul. Si je réussis, je réussis seul, parce que j'ai eu l'espace d'agir sans filtre. Ce NON de la rupture est devenu mon carburant. Sans cette vague, je n'aurais peut-être jamais eu le silence (ni la liberté d'agir) pour monter. Je n'en fais pas une dette de gratitude. J'en fais une arme.

Pourquoi ce titre

Higher est sorti de moi parce que je ne pouvais plus garder la rupture dans ma seule tête, et que le combattant a besoin d'air pour continuer. Composer, c'était traduire le combat, sortir la colère, sortir le deuil, sortir cette liberté étrange qui n'a rien de joyeux, pas « faire une chanson sur le divorce » pour le storytelling.

J'avais besoin d'élévation parce que le ring solo demandait une nouvelle identité : homme, père, fondateur créatif. Pas « under pressure » au sens startup. La rupture avait vidé le foyer, laissé les enfants au milieu, tué l'identité de couple. Il fallait monter, pas s'effondrer.

Libérer la pensée, tendre le combat

Je n'ai pas composé Higher pour expliquer Komby. À l'époque, je ne l'avais même pas nommé. J'ai composé Higher pour tenir face à la rupture, puis je l'ai tendu au monde, parce qu'un album autobiographique ne sert à rien s'il cache les combats qui font tout basculer.

Ceux qui ont divorcé savent. Ceux qui ont reconstruit seuls savent. Ceux qui ont senti un partenaire devenir un poids sur leurs envies d'entreprendre savent. Si tu es libre d'agir, tu peux grandir plus qu'avec quelqu'un qui freine tes envies, même par amour, même par peur, même « pour ton bien ».

Sur le journal, j'ai aussi raconté comment le voyage est devenu mon remède après la séparation, voir Pourquoi Francejetequitte.com ?.

Ce que je refuse de romantiser

Je ne dirai pas que le divorce était « la meilleure chose qui me soit arrivée ». C'était une destruction, des enfants au milieu, des procédures. La solitude est devenue le cadre, le cadre est devenu la discipline, et la discipline est devenue Komby, sans que je le sache, sans que je l'aie nommé le jour.

L'album Komby est quasi autobiographique. Chaque track documente une épreuve et des idées. Higher, c'est l'étape 4 : la séparation amoureuse qui te laisse libre d'agir, et le début invisible (innomé) d'une entreprise internationale que tu bâtiras seul.


Alexandre Auger, CEO de Komby

*Étape 4/14. Précédent : I Left My Fears Behind (03) · Suite : Journey (05)*

Alexandre Auger
Alexandre Auger

Entrepreneur français expatrié depuis 2016. De la radio à la tech, de Bangkok à Londres en passant par Hong Kong et Montréal. Fondateur de Komby (SaaS/IA). Ce blog raconte le voyage.

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