Komby en 14 étapes : Étape 3 : I Left My Fears Behind, le nouveau départ après la douleur

I Left My Fears Behind Komby. Londres, UK first, clients FR gardés : le nouveau départ après le divorce

Après le divorce, la douleur s'installe, puis le silence, puis une question qui ne te lâche plus : restes-tu figé dans ce qui s'est brisé, ou pars-tu vraiment vers autre chose ?

La rupture, la liberté forcée, le ring solo, ça, c'est Higher. I Left My Fears Behind, ici, porte le nouveau départ : le moment où tu poses assez longtemps la valise de la peur derrière toi pour avancer, et où tu refuses que le NON de la séparation soit la dernière ligne de ta vie. J'ai laissé mes peurs derrière moi comme on quitte un chapitre, non pas parce qu'elles avaient disparu, mais parce que le combattant a choisi de ne plus leur donner le volant.

L'épreuve : repartir quand tout vient de se briser

Vers 2016, après douze ans et deux enfants, la lame du divorce a tout coupé : procédures, interdiction de sortie du territoire, audiences, jusqu'au jour où le « nous » n'existait plus et où il fallait inventer un « je » debout. J'ai raconté cette rupture ailleurs, et Higher en portera toute la charge. Ce que je retiens ici, c'est ce qui vient après, la douleur encore chaude, et la décision de relever et repartir.

La peur avait des visages concrets. Celle de ne plus être père comme avant. Celle, surtout, de recommencer un métier, une identité, une vie entière avec le goût du NON encore dans la bouche. Et une peur très métier : si je bouge géographiquement, je perds mes clients français de Digital CHR.

Cette dernière, je ne l'ai pas laissée me clouer au sol. Je suis parti à Londres, j'ai gardé mes clients français, et je n'ai pas perdu : j'ai gagné mon pari. La peur de les perdre en changeant de territoire était réelle ; le résultat l'est aussi, ils sont restés. Le combattant avait raison de bouger. J'ai même gagné des clients à Londres.

Sur France Je Te Quitte, j'ai documenté ce basculement, le voyage comme remède, le blog comme démission adressée à un cadre trop étroit, Pourquoi Francejetequitte.com ?. I Left My Fears Behind est la bande intérieure de ce choix : quitter la peur pour ouvrir la porte, et prouver que le départ géographique n'était pas une trahison des clients, mais un pari gagné.

Quand j'ai choisi de repartir

En 2019, j'ai commencé à quitter le territoire français pour ancrer l'agence en société britannique (avant mars 2020, où le Covid a commencé à changer nos vies. L'ordre compte : j'ai ouvert au UK d'abord) la société britannique existait déjà, un mois avant de créer la SAS France, pas l'inverse. L'agence, c'était un mouvement vers le Royaume-Uni, avec une structure UK déjà là, puis une SAS côté France, et l'installation à Londres, pas une boîte française qui essayait Londres. D'autres vagues de NON ont suivi (banques, Brexit, COVID) mais la racine du départ était antérieure : elle était dans la douleur du divorce, et dans le refus de baisser les bras après.

La question revenait avant chaque premier pas : est-ce que j'ose bouger, et est-ce que mes clients français tiendront si je ne suis plus sur le territoire ? Premier client seul, premier post du journal, premier billet d'avion, premier matin où tu sers depuis Londres un client en France, resto, commerce ou tertiaire. La peur te fait relire la même décision quatorze fois. Tu la relis quatorze fois, puis tu avances quand même.

Pendant ce temps, tu dois tenir debout, parce que les clients comptent sur toi, parce que tes enfants ont besoin d'un père qui avance, et parce que le ring n'attend pas. Alors tu poses la peur derrière toi, non pour mentir, mais pour avancer. Et tu gagnes le pari : les clients français restent, l'agence devient britannique, le territoire a changé, le combat non.

Pourquoi ce titre

I Left My Fears Behind est né d'une nuit où le nouveau départ était déjà en marche et où la peur essayait encore de me ramener en arrière.

J'ai ouvert mon PC par nécessité de m'exprimer avec la musique : traduire le vécu pour pouvoir continuer. Le morceau est venu tout seul, sans réfléchir, car les émotions étaient là depuis tellement longtemps, un tempo qui avance malgré tout, une mélodie qui refuse de rester au fond de la gorge. On ne quitte pas ses peurs une fois pour toutes ; on les laisse assez derrière pour faire le premier pas, puis le suivant.

Composer, c'était mettre des mots que je ne pouvais dire clairement à personne : je pars, après ça, on verra. Partager, c'était tendre ce combat au monde et affirmer que le nouveau départ demande de l'endurance. Sans compter les haters qui te font la morale : « Tu as osé quitter le territoire français, espèce de traître… » Oui, ils sont toujours vivants, ceux-là. Et ces haters sur internet peuvent aussi être votre ex belle-famille, vos ex-amis qui se sont retournés contre vous en un rien de temps, bien pensants que vous êtes un menteur dans une histoire de séparation et que votre ex-femme est la victime. Oui, la justice est une femme, sans aucun doute, ceux qui ont divorcé comprendront le sens de mes mots. Féminisme vs masculinisme : les femmes portent plainte et sont écoutées ; les hommes, pas grave, ils s'en sortiront, c'est leur rôle de porter la charge d'être un homme dans la société mondiale moderne. Cette inégalité, je la refuse, et elle devra changer un jour.

Libérer la pensée

L'album Komby est un journal musical. I Left My Fears Behind en est la troisième page, celle du nouveau départ après la douleur.

Sur le journal, j'ai documenté d'autres peurs : tribunaux, trahisons, exils. Ici, la peur est celle de recommencer après le divorce, de quitter le chapitre brisé, de bâtir sans garantie, et la peur métier de perdre les clients français en partant à Londres. Cette dernière, je l'ai battue : pari gagné.

La suite sur l'album (Higher) creuse la rupture elle-même : la liberté d'agir sans jugement du partenaire, Komby qui commence sans le savoir et sans l'avoir nommé. I Left My Fears Behind, c'est le pas juste après, ou juste à côté : laisser la peur derrière assez pour ouvrir la porte.

Si tu traverses une séparation (un foyer, une vie, une identité) sache que le nouveau départ n'efface pas la douleur. Il refuse de lui laisser le dernier mot. Assez de peurs laissées derrière pour repartir. Assez pour continuer le combat.


Alexandre Auger, CEO de Komby

*Étape 3/14. Précédent : Make It Easy (02) · Suite : Higher (04)*

Alexandre Auger
Alexandre Auger

Entrepreneur français expatrié depuis 2016. De la radio à la tech, de Bangkok à Londres en passant par Hong Kong et Montréal. Fondateur de Komby (SaaS/IA). Ce blog raconte le voyage.

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