Komby en 14 étapes : Étape 9 : Like Katy, rugir sous la tempête personnelle

Il y a des tempêtes qu'on ne voit pas venir, pas celles du marché, pas celles des géants ni des rejets « too much », mais celles de l'intérieur, celles qui s'installent sans prévenir un matin où tu tiens encore debout et qui, le soir même, te laissent sans réponse à la question la plus simple : pourquoi te lever demain.
Like Katy n'est ni un clin d'œil marketing à une pop star ni un hommage à une carrière, à des charts ou à une lumière de scène ; c'est un morceau ancré dans ce que Katheryn Hudson (la femme, pas la marque) a traversé à titre personnel, et dans ce que j'ai reconnu chez elle alors que je reste, face à elle, un inconnu. Des points qui convergent, sans l'argent, sans la célébrité, avec la même évidence tenace : le statut n'immunise personne face à une tempête intérieure.
Le vécu personnel de Katy Perry
Je me suis documenté sur ses épreuves intimes (pas sur les tournées, pas sur les records de vente, pas sur le pro) sur la femme qui a dit à voix haute ce que beaucoup gardent enfermés, et dont l'histoire m'a frappé parce qu'elle ressemble, sur des points précis, à la mienne, sans aucune des compensations que le monde croit suffisantes.
En 2012, après son divorce d'avec Russell Brand (un mariage bref, une rupture brutale, des récits selon lesquels la fin lui serait même tombée par message) elle a basculé dans une dépression profonde, racontant ne plus vouloir sortir du lit, écrivant By the Grace of God sur ce moment où tu te regardes dans le miroir et où tu décides de rester (I looked in the mirror and decided to stay) parce que l'amour, ou la fin de l'amour, a failli l'emporter autrement.
Elle a parlé de pensées suicidaires, de la sensation de ne pas être « assez », d'une chute trop raide pour se relever comme avant, et quelques années plus tard, autour de 2017–2018, après une séparation d'avec Orlando Bloom, elle a décrit à nouveau un fond : tristesse, breakdown, pensées sombres, sensation d'être attaquée de l'intérieur sans pouvoir se réveiller.
Elle a parlé d'un voyage mental et spirituel forcé (thérapie, outils, travail sur soi) non pas pour sauver une carrière, mais pour rester vivante, et plus récemment encore, leur séparation confirmée en 2025 a rappelé la même chose : même avec la lumière, même avec les moyens, même avec une fille à élever, la rupture personnelle reste une vague de NON qui te traverse.
Elle a dit d'une année qu'elle était à la fois la pire et la meilleure, parce que la douleur et la reconstruction cohabitent, et que personne, pas même une star, ne contourne ça.
Ce que j'aime dans son histoire, c'est que cela me ressemble sur des points qui convergent, alors que je suis un inconnu à côté d'elle : divorce, sensation de ne plus être « assez », nuits où tu ne veux plus te lever, décision de rester, de rugir, de ne pas laisser la douleur te sortir du ring, tempêtes qui reviennent même quand tu croyais avoir payé ton dû.
Surtout cette leçon qu'elle incarne malgré elle : le statut n'immunise pas. Tu peux avoir le monde à tes pieds et affronter la même tempête qu'un inconnu dans un studio à Londres avec un credit score reconstruit à deux cents livres.
L'épreuve : ma tempête, ses points de convergence
Après The Takeover, quelque chose a cédé en moi. Le produit tenait. Les clients tenaient. Il fallait que je tienne aussi. Doutes, matins lourds, cette distance avec soi-même comme si tu regardais ta vie de l'extérieur. Même famille de combat intérieur que chez elle, autre échelle.
Mon divorce, autour de 2016 (douze ans, deux enfants, procédures, liberté forcée que Higher documente) a laissé une douleur qui ne disparaît pas parce que tu codes ou que tu sers des clients. Chez elle, Brand, puis d'autres ruptures. Chez moi, la lame, le tribunal, le « je » brutal. Même pluie dans la tête.
Elle a dû décider de rester (au miroir, dans la chanson, dans la vie). Moi aussi, d'une autre façon : ne pas laisser la tempête dicter la fin de l'histoire. Elle a rugi publiquement. J'ai composé Like Katy dans un studio, inconnu, pour vider la même matière.
Les fondateurs solo postent des wins et cachent les nuits. Elle a dit à voix haute que même au sommet, tu peux vouloir disparaître. Moi, j'ai un album quasi autobiographique et cette conviction : la tempête existe des deux côtés, et le combat aussi.
Il y a eu des jours où je n'ai ouvert ni Slack ni le studio, où j'ai seulement marché sous la pluie londonienne. Chez elle : lit, miroir, décision de rester. Chez moi : rue, silence, puis le micro. Même geste. Autre décor.
Sous la pluie
Tu continues parce que tu dois (clients, enfants, deadlines) et parce que tu as choisi de rester dans le ring.
Un mardi, pluie dehors, pluie dedans, assis devant le micro, muet. Ce jour-là, j'ai compris : la tempête ne passe pas si tu la caches. Il faut rugir, pour toi.
Quand elle raconte ne plus vouloir sortir du lit, ou regarder le miroir pour décider de rester, j'entends quelqu'un qui a touché le même fond. L'échelle du regard change. L'intensité du combat, non.
Pourquoi ce titre
Le titre emprunte à cette convergence : Roar, By the Grace of God, les interviews où elle nomme la dépression après les ruptures. Je reconnais. Je traduis mon vécu à côté du sien.
Composer, c'était vider la tête : le souvenir du divorce, la solitude après The Takeover. Partager, c'était dire que tenir le ring demande parfois de rugir avant de repartir.
Son vécu m'a dit : tu n'es pas ridicule d'avoir mal. Ta tempête est réelle sans être célèbre. La réponse, c'est de rester et de rugir.
Les jours où la pluie revenait, je montais le volume, puis je remettais les pieds dans l'arène. Like Katy clôt la séquence : visibilité, puis tempête. Tu peux être regardé et frappé par la même vague le même mois.
Libérer la pensée
Like Katy nomme pourquoi ce titre : ses épreuves personnelles, et la convergence avec les miennes. Sur France Je Te Quitte, d'autres tempêtes ; Higher porte la rupture, I Left My Fears Behind le nouveau départ ; ici, la pluie qui suit. Pour l'obstination métier : comment j'ai eu l'idée de créer Digital CHR.
Les commerçants et le tertiaire traversent leurs tempêtes aussi. Make It Easy, c'est aussi ne pas ajouter de pluie. Komby continuait pendant que j'apprenais à rugir : like Katy, sans sa célébrité.
Alexandre Auger, CEO de Komby
*Étape 9/14. Précédent : The Takeover (08). Suite : Study Case (10)*

Entrepreneur français expatrié depuis 2016. De la radio à la tech, de Bangkok à Londres en passant par Hong Kong et Montréal. Fondateur de Komby (SaaS/IA). Ce blog raconte le voyage.