Komby en 14 étapes : Étape 7 : Underdog Man, celui qu’on ne voit pas venir

Underdog Man Komby bootstrap, seul face à tout : bâtir sans filet face aux géants

Dans une salle (virtuelle ou réelle) il y a toujours quelqu'un qui parle de term sheets, de decks, d'advisors et d'une seed à dix millions. Moi, j'arrivais avec un bootstrap, un credit score construit à deux cents livres de plafond, des nuits de code et une détermination que personne ne voyait. L'outsider apprend très tôt à avancer pendant que les observateurs comptent leurs levées.

Underdog Man est le morceau de ce combat. La posture du fondateur qu'on sous-estime parce qu'il n'a ni une dans TechCrunch ni compte LinkedIn premium, et qui reste dans l'arène pour atteindre la réussite.

L'épreuve : jouer un match dont les règles ne sont pas les tiennes

Être outsider, c'est une situation quotidienne : tu n'as ni les mêmes ressources, ni la même visibilité, ni le même réseau que ceux qui ont déjà levé. Tu codes presque seul, tu supportes presque seul, tu vends presque seul, pendant que les géants du software commerces / hospitality / tertiaire alignent des budgets marketing plus gros que ton chiffre d'affaires annuel, des équipes de cent personnes et des stands à HOSTELCO.

Le combat vient de l'écart entre ce que tu sais du terrain et ce que le marché valorise. Tu connais le terrain et tu sais ce qu'ils veulent vraiment. Pourtant on te fait comprendre, parfois poliment, parfois crûment, que sans levée, sans scale et sans « blitzscale », tu ne compteras pas. Underdog Man encaisse. Il avance. Surtout pendant une démo Zoom où le prospect compare ton produit à un géant.

Une démo, un silence, un obstacle de plus

Je me souviens d'un hôtel d'une trentaine de chambres, budget limité, prospect entouré de deux collègues. Il comparait avec un géant (je ne dirai pas lequel) qui lui promettait « tout intégré » pour le double de notre prix. Sur Zoom, seul face à eux, j'ai montré ce que j'avais construit : un seul endroit, quinze onglets en moins. Quand il a demandé pourquoi moi plutôt que le géant, j'aurais pu parler uniquement de prix. J'ai dit autre chose : parce que quand vous aurez un problème un samedi soir, vous m'aurez moi, pas un ticket numéro 847291.

Il a haussé la tête. Il n'a pas signé ce jour-là. Il a signé trois semaines plus tard. Ce soir-là, je n'ai pas célébré. J'avais encore un obstacle devant moi : le système qui t'oblige à te justifier d'exister alors que tu sers mieux le terrain (commerces, tertiaire, restaurants comme bureaux) que ceux qui lèvent des millions pour l'ignorer. Les géants recrutent souvent des profils qui n'ont jamais mis les pieds en cuisine ; moi j'ai le souvenir de trois ans d'apprentissage à seize-dix-neuf ans, puis la radio, les tribunaux, Londres et le credit score à zéro. C'est un avantage de terrain.

Cette pression a une forme précise : devoir être deux fois plus net aux yeux de ceux qui confondent levée de fonds et légitimité. Tu te surprépares, tu sur-livres, tu réponds à minuit parce qu'un silence pourrait être lu comme de l'amateurisme. Underdog Man, c'est ça : prouver deux fois ce qu'un autre prouve une fois, avec dix fois moins de ressources, et continuer vers la réussite.

Y Combinator, 2026 : trop large pour la case

Il y a des rejets de prospects, et il y a des rejets qui résonnent autrement. En 2026, face à Y Combinator, la réponse (ou ce que j'en ai compris) tenait en deux mots que je connaissais déjà depuis la France salariée : too much. Trop large. Trop de surfaces. Trop d'intérêt déjà capté ailleurs.

Parce que Komby est un MetaSaaS, pas un mono-SaaS. Le wording sur komby.io est clair : restaurants, offices et nightclubs ; réservations, CRM, avis, réseaux sociaux, site web, recrutement, paiements, vente en ligne, GEO et SEO, navigateur / workstation Capsule, et le reste des modules. Pour un fonds qui a déjà des dizaines de mono-SaaS en portefeuille, la question devient glaciale : quel intérêt d'investir encore dans un outil qui fait une seule chose, quand un MetaSaaS peut déjà couvrir ce que plusieurs de leurs startups vendent séparément ?

Eux ont besoin que le monde reste fragmenté. CRM ou réservation ou avis ou social ou site ou recrutement ou paiement ou SEO. Moi, j'ai construit l'inverse, parce qu'un indépendant (resto, commerce, bureau, nightclub ou métier du tertiaire) n'a pas treize minutes pour treize outils. On m'avait déjà dit « too much » comme salarié en France ; on me le dit encore en 2026 comme fondateur. Même phrase, autre arène. Je le raconte parce que c'est la marque de combat de l'outsider : quand tu es invisible, on t'ignore ; quand tu es trop large, on te refuse. Le milieu veut des cases. Komby refuse la case. Underdog Man porte ça.

Pourquoi ce titre

Underdog Man est sorti pour le dire clairement : outsider, pas loser. Je ne gâcherai pas ma vie pour calmer des observateurs qui comptent mes levées. Leur opinion ne pèse rien. Je fais ce que j'ai à faire pour réussir.

Le beat est venu dur, rebell. Amanda Leen chante l'outsider comme un combattant qu'on sous-estime et qui avance quand même.

Un jour, je rencontrerai un investisseur sérieux, en phase avec ma personnalité entière. En attendant, je construis. Les obstacles restent des obstacles. La réussite reste l'objectif.

Ce que cette étape a nourri

L'album Komby est quasi autobiographique. Underdog Man documente l'épreuve de l'invisibilité : jouer un match dont les règles favorisent ceux qui ont déjà gagné ailleurs. Sur France Je Te Quitte, j'ai raconté d'autres combats sans filet, départs, exils, reconstructions. Ici, le combat est celui du marché, du regard, de la comparaison permanente.

Komby a hérité de cette agilité par nécessité de tenir dans l'arène. La suite (The Takeover) arrive quand le marché cesse de t'ignorer et que la pression change de forme.


Alexandre Auger, CEO de Komby

*Étape 7/14. Précédent : London Lights (06). Suite : The Takeover (08)*

Alexandre Auger
Alexandre Auger

Entrepreneur français expatrié depuis 2016. De la radio à la tech, de Bangkok à Londres en passant par Hong Kong et Montréal. Fondateur de Komby (SaaS/IA). Ce blog raconte le voyage.

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